Bertrand Méheust est docteur en sociologie, ancien professeur de philosophie et membre de l'Institut métapsychique international. Philosophe et sociologue des sciences, il est l'un des spécialistes français de l'histoire des sciences psychiques : mesmérisme, hypnose, médiumnité, et la manière dont la science occidentale a traité ces objets.
Il a consacré dix-huit ans à une thèse sur un sujet que l'université considérait comme inacceptable. C'est peut-être le fil le plus intéressant de l'entretien : non pas les phénomènes eux-mêmes, mais le mécanisme social par lequel un champ entier sort du domaine du pensable. Il appelle cela les tabous de la connaissance.
La démonstration passe par des cas précis. Franz Anton Mesmer et le scandale du magnétisme animal. Puységur et la découverte du somnambulisme magnétique. Alexis Didier, soumis à des protocoles anglais rigoureux au dix-neuvième siècle, produisant des descriptions détaillées que personne n'a su expliquer. Puis l'interdiction du magnétisme en France, la glaciation qui suit, et le rapatriement de l'hypnose par la médecine anglaise puis par Charcot. Un pays qui invente un domaine, puis l'exporte, puis l'oublie.