Mario Varvoglis est docteur en psychologie. Il a travaillé au laboratoire Maimonides de New York puis au Psychophysical Research Laboratories de Princeton, où il a conçu des expériences sur la télépathie, la précognition et la psychokinèse. Ces travaux ont intéressé la Defense Intelligence Agency. Élu à la tête de la Parapsychological Association en 2002, installé en France depuis 1998, il préside l'Institut métapsychique international, fondation reconnue d'utilité publique dont la devise tient en une phrase : le paranormal, nous n'y croyons pas, nous l'étudions.
L'entretien est le plus technique de la série sur la question du protocole. Varvoglis décrit d'abord les expériences de télépathie en rêve à Maimonides : un émetteur, une cible, un dormeur sous électroencéphalogramme réveillé en phase de sommeil paradoxal, et au matin l'appariement à l'aveugle entre le récit du rêve et les images candidates. Puis le Ganzfeld, cet état hypnagogique obtenu avec des demi-balles de ping-pong sur les yeux et du bruit blanc dans les oreilles.
Le cœur du sujet est ailleurs : dans la course entre chercheurs et sceptiques pour fermer chaque faille méthodologique. L'automatisation du Ganzfeld, plus de trois cents sujets, la digitalisation complète pour retirer l'humain de la chaîne. Les méta-analyses qui montrent un effet répliqué dans plusieurs laboratoires. Et la question qui l'intéresse le plus : qui réussit, et pourquoi. Croyances, profils, discipline mentale.