Renaud Evrard est docteur en psychologie clinique, praticien et maître de conférences à l'Université de Lorraine. Il a présidé la Parapsychological Association, dirigé l'Institut métapsychique international et co-fondé le CIRCEE, une clinique pour les personnes vivant des expériences exceptionnelles. Plus de quatre-vingt-dix articles scientifiques et une douzaine d'ouvrages en vingt ans.
Sa position dans l'entretien est celle du documentaliste plutôt que du militant. Il ne cherche pas à prouver le psi, il cherche à savoir ce que les données permettent de dire. D'où une part importante consacrée à ce qui abîme le champ de l'intérieur : les fraudes, les zones grises, l'effet expérimentateur, cette régularité troublante qui veut que les chercheurs sceptiques obtiennent moins de résultats positifs que les autres sur les mêmes protocoles.
Le reste de la conversation suit une chronologie longue. Le cas Alexis Didier, prodige du somnambulisme lucide au dix-neuvième siècle, testé par des savants qui ne savaient qu'en faire. Les méta-analyses et les statistiques qu'on ne sait pas expliquer. Les programmes secrets de l'ère Stargate. Puis les expériences de mort imminente, leur définition, leurs effets transformateurs mesurés, et la question que personne ne tranche : ce que la mémoire fait de ces épisodes.